La police utilise le système de National Data Analytics Solution

La police utilise le système de National Data Analytics Solution (NDAS), association de l’IA et des statistiques, pour prédire les risques de crimes

En ce début de millénaire plein de promesses de progrès, l’humanité continue à repousser les limites de ses connaissances et de son savoir-faire en matière de technologie. Réalité virtuelle, algorithmes, systèmes robotisés, machine learning… Il existe autant d’innovations que de nouvelles donnes à apprivoiser dans le monde moderne. L’intelligence artificielle est sans doute le summum de cette avancée dont nous commençons à peine la maîtrise, à travers nos appareils et outils de communication, nos voitures autonomes, nos modèles marketing, etc. 

L’IA veut toucher tous les secteurs d’activité. Engagée à dépasser les capacités humaines en matière de prédiction, elle est de plus en plus associée à la criminologie. Aux environs de l’année 2010, certaines autorités chargées de la sécurité intérieure et de la justice commencent à s’intéresser à la prédiction policière déduite sur la base de l’intelligence artificielle. Après les États-Unis, le Canada ainsi que la Chine, la Grande-Bretagne a lancé en 2018 son projet National Data Analytics Solution (NDAS), un système combinant intelligence artificielle et statistiques, pour évaluer les risques pour des individus d’exécuter des actes criminels ou de devenir victimes de telles exactions.

Beaucoup se plaisent à faire un rapprochement entre l’avènement de cette police prédictive « nouvelle génération » et l’intrigue du film dystopique Minority Report interprété par Tom Cruise. Cet opus hollywoodien est vu comme une préfiguration des capacités futures de la Police à véritablement prédire les crimes. Est-on vraiment arrivé à ce niveau ? 

L’IA dans le film « Minority Report »

Ce film s’est inspiré d’un roman de science-fiction de 1956. L’histoire relate les activités d’une entité policière appelée Précrime. Celle-ci est capable de prédire les crimes et d’identifier leurs auteurs grâce à une méthode de prédiction particulière. Pour ce faire, Précrime utilise le pouvoir de trois mutants humains doués de précognition, plus exactement de la « connaissance de ce qui va arriver », d’où leur nom, les Précogs. 

Tout d’abord, l’intelligence artificielle n’est pas exactement comme telle que nous la concevons de nos jours. C’est est une machine autonome capable de pratiquer des processus cognitifs humains. Mais dans le film, la précognition est l’attribut d’êtres humains évolués que les autorités exploitent. Les forces de police dans « Minority Report » n’ont plus qu’à projeter les visions des « oracles » en image, pour mettre en évidence les caractéristiques, la datation et l’auteur de chaque crime. Et si le film décrit une police qui punit à l’avance les auteurs des crimes, le roman source, lui, décrit une police qui va seulement empêcher la tentative. 

L’IA dans notre réalité

La machine intelligente est celle qui interprète, agit et évolue comme un humain ou presque. Ce sont des fonctions essentielles à l’autonomie des machines, lesquelles tentent de répliquer ou de simuler l’intelligence humaine. Les technologues identifient trois grands types d’IA. En premier lieu, celle qui peut se comparer à l’IA dans Minority Report », appelée ASI ou Artificial Super Intelligence. Comme son nom l’indique, l’ASI fait référence à une technologie « consciente » qui égale, puis surpasse l’intelligence de l’homme. Autrement dit, l’IA en question devra être plus performante que l’esprit humain. Et tout en étant douée dans la réalisation de tâches dans tout domaine accessible ou non à l’homme, l’ASI serait aussi capable d’éprouver des émotions et de créer ses propres relations. On est encore dans la théorie, stimulante pour certains, effrayante pour d’autres.

 

Le second type d’intelligence artificielle relève aussi de la fiction, même si elle est envisagée dans un futur très proche. L’AGI ou Artificial General Intelligence (Intelligence artificielle généralisée) consiste en une capacité cognitive et réactive avancée. Elle se traduit par la possibilité pour une machine ou un programme de penser et d’effectuer toutes les opérations qu’un humain est capable de faire et ce, de manière tout à fait autonome. Sa conception s’est déjà faite au même moment que l’étude de l’évolution des connaissances à propos du cerveau humain. L’AGI trouverait son application dans la robotique, mais reste toujours hypothétique même si cette branche est en constant développement dans le monde.

Mais celle qui est en plein développement de nos jours est l’IA appelée « ANI », Artificial Narrow Intelligence ou intelligence artificielle étroite. Ce type d’IA se concentre principalement sur une seule tâche étroite ou simple, avec un éventail limité de capacités. Un certain nombre d’ANI est aujourd’hui pleinement fonctionnel tout en évoluant, entre autres paramètres, en fonction de leur utilisation de données telles que la reconnaissance faciale, les chatboxs et autres assistants conversationnels, les voitures à conduite autonome, les moteurs de recommandation, la maintenance prédictive…

La police prédictive : qu’est-ce donc ?

La définition de ce terme varie d’un individu à l’autre, entre ceux qui y trouvent un potentiel en matière de prévention des crimes et une matière à réflexion d’une part, et ceux totalement acquis aux droits humains et adeptes des théories du complot d’autre part. Les services de sécurité intérieure identifient la police prédictive tout simplement comme un ensemble de techniques analytiques des données pour prévenir les risques de criminalité. 

Le concept évolue à l’arrivée de la data science et des technologies d’IA, en intégrant dans le processus de police prédictive d’autres outils avancés tels que les algorithmes de machine ou deep learning. La police se base sur l’analyse algorithmique des données autour des faits de délinquance (cambriolages, trafics de drogue, agressions, etc.) et leurs paramètres de commission (catégories, lieux, dates). Elle fait ensuite des recoupements avec des actes antérieurs pour entre autres anticiper des comportements ou identifier des lieux à risques. Le tout se fait dans une optique d’organisation des services de police, par exemple pour mettre en place des patrouilles au bon endroit et à des moments propices.

Pour d’autres observateurs, on se rapprocherait plutôt des faits fictifs mis en avant par le film Minority Report. La police prédictive actuelle utiliserait une vaste quantité de données personnelles normalement protégées par la loi elle-même, pour évaluer des personnes déjà identifiées et dresser des profils de criminels ou délinquants potentiels. Selon les légendes, certains programmes informatiques alimentés par l’IA seraient même aptes à donner l’identité d’un futur auteur de crimes et d’une future victime. Ce serait le summum de l’analyse prédictive de la police.

Dans les faits, l’utilisation de l’IA dans le secteur de la sécurité intérieure n’est pas vraiment nouvelle. Reconnaissance faciale, lecture labiale et analyse des médias et réseaux sociaux sont des méthodes déjà utilisées auparavant. Mais son application en matière d’analyse prédictive n’est encore qu’à ses débuts. Cela demeure même expérimental dans bon nombre de pays.

L’IA policière originaire des States

Bien avant le concept d’IA, l’analyse prédictive de police est une pratique courante, utilisant notamment certaines données ouvertes ou produites par les services de sécurité. Elle est déjà une réalité, car elle a pour objet l’une des principales finalités de longue date d’un service de sécurité intérieure, c’est la prévention des risques de crime ou de délit, anticipation des faits avant leur réalisation.

L’utilisation de I’IA par la police prédictive moderne est aussi en plein essor dans différents services nationaux dans bon nombre de pays. C’est à l’orée de l’an 2000, aux Etats-Unis, que les premiers logiciels de police prédictive ont été découverts. Le principal programme de ce type utilisé par les autorités fédérées américaines actuellement est le Predpol. C’est un logiciel qui rassemble automatiquement les données des procès-verbaux, des arrestations, des appels au 911 touchant dans différents endroits divers types d’infractions tels que les cambriolages, les agressions, les vols, etc.). Autrement dit, PredPol oriente ses recherches uniquement sur des lieux, pour ensuite donner un modèle statistique pour l’identification des zones à risque ou hotspots, c’est-à-dire les endroits à surveiller en priorité. Le National Institute of Justice (NIJ) aux États-Unis assure qu’il ne s’agit pas de remplacer la police traditionnelle. Au contraire, la police prédictive améliore les techniques existantes en matière de résolution de problèmes, de police de proximité, de recherche de renseignements, etc.

NDAS : première police prédictive à l’Européenne

Financé et mandaté par le Ministère de l’Intérieur, la National Data Analytics Solution ou NDAS est un système britannique d’analyse profitant aux forces de l’ordre de sa Majesté. Elle utilise l’analyse avancée alliant les mécanismes d’apprentissage automatique et les statistiques, composants majeurs de l’IA, pour fournir des informations aux parties prenantes de la Justice sur les questions opérationnelles et organisationnelles prioritaires définies. Par-dessus tout, à la différence de la « Precrimes » de Minority Report, le travail de la NDAS n’aboutit pas à des procédures d’arrestations avant convocation. L’objectif est de composer un dispositif d’aides visant à encadrer une personne indiquée et à empêcher tout comportement criminel. Plus précisément, le système NDAS pourrait être envisagé comme davantage orienté pour la lutte contre la récidive.

Qu’en est-il de la police prédictive en France ?

Dans l’Hexagone, même si le sujet évolue de manière plus poussive et moins populaire que dans d’autres pays occidentaux, il est plus que jamais d’actualité chez les forces de l’ordre. Il y a eu un premier lancement raté en 2016 avec Predvol. Un logiciel de la gendarmerie fut testé dans l’Oise pour anticiper les vols de véhicules sur un périmètre géographique défini. L’aventure continue avec Paved, un logiciel d’analyses prédictives de la délinquance. Cet outil fait ressortir sur la carte de France les points chauds correspondant à des cas de cambriolages, de vols de voitures et d’autres atteintes aux biens. Avec les mesures qui s’imposent en matière de protection des données personnelles, ce programme informatique fonctionne grâce à l’analyse de renseignements internes des forces de l’ordre et des données socio-économiques de l’INSEE. 

Et si l’apprentissage automatique de l’IA est bien diffusé dans d’autres aspects des services de police telle que la reconnaissance faciale, cet élément crucial pour toute stratégie de prédiction et de prévention policière reste au stade d’étude. D’ailleurs, la Commission Européenne considère encore les algorithmes utilisés dans la police comme des instruments à risque élevé.

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